Monthly Archives: February 2014

blue leaves: entre Gers et Rajasthan.

Rajasthan

 

 

 

 

 

 

 

Les collections d’art de la table de Blue Leaves sont issues de la Manufacture de Cassaigne dans le Gers. Cette petite commune de Gascogne est certes une belle vitrine de la production de l’eau de vie d’Armagnac mais elle est également depuis 2009 le lieu d’implantation de la société Blue Leaves. L’entreprise a misé avec audace sur la conception et la fabrication numérique de couverts de table en achetant des logiciels 3D très performants. Chaque pièce imaginée peut être ainsi sculptée numériquement et être détaillée de manière précise en 3 dimensions. La conception numérique des prototypes est réalisée en atelier, avec une démarche de haute technicité empruntée aux industries de pointe comme l’aéronautique. Si un client vient à demander une collection personnalisée, la société peut réagir en proposant une création en 3D. Elle travaille conjointement avec le demandeur qui peut être un chef étoilé, un hôtel ou un musée par exemple. Cette initiative est intéressante car elle permet une réaction rapide et créative. Elle est basée sur des échanges pour une finalisation de lignes courtes et dans une large gamme de matériaux, nobles ou bruts. La nouvelle collection Rajasthan fait suite à une longue série d’inspiration naturelle largement développée ces derniers années par Blue Leaves. Les éléments d’architecture en dôme ou en coupole des riches palais du Pays des Rois de l’ouest de l’Inde ont inspiré cette nouvelle ligne de quatre couverts de table. Sur la photo çi-dessus, ils sont en laiton argenté. D’autres collections viendront élargir les toutes premières séries végétales dédiées au café et au thé. Blue Leaves a déjà parcouru un long chemin, très novateur, d’autres rencontres, d’autres échanges lui permettront d’aller encore plus loin.

www.blueleaves.com

ça bouge dans la Cité.

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Xue Sun

 

A voir très rapidement, à la Cité de la Céramique-Sèvres-Limoges, 2 expositions temporaires ainsi que l’exposition permanente de la collection de tous les temps de la céramique. Cette Cité est le résultat réussi d’une fusion de la Manufacture et du Musée de Sèvres en 2010 puis du rattachement du Musée national Adrien Dubouché de Limoges en 2012. Avant cette date, ces institutions partaient à l’abandon et vivaient dans un tel oubli que leur avenir devenait incertain. Le nouvel établissement public développe depuis lors une stratégie de développement et de recherche afin de donner une nouvelle chance à la céramique auprès de tous les publics. La Manufacture crée en 1740 par Louis XV à su garder son savoir-faire reconnu et admiré dans le monde entier. Aujourd’hui dans le cadre de la Cité, elle réédite des modèles anciens et des oeuvres contemporaines. Elle invite des artistes en résidence. Elle ouvre ses ateliers au grand public tandis que le Musée, crée au début du XIXeme Siècle par Alexandre Brongniart administrateur de la Manufacture, élargit son espace en créant les Galeries Contemporaines et en ouvrant un espace temporaire. Actuellement et jusqu’au 19 Mai 2014 l’exposition «Picasso céramiste et la Méditerranée» investit le 3eme étage de façon magistrale. A voir absolument.
Les jeunes artistes Carole Chebron et Xue Sun exposent, quant à elles, dans les deux salles réservées à la céramique contemporaine jusqu’au 5 Mai 2014. Dans un même lieu chargé d’histoire, vous pourrez ainsi découvrir de manière très différente ce magnifique matériau qu’est la céramique.
Sèvres-Cité de la Céramique
2, place de la Manufacture, 92310 Sèvres.
10h – 19h les vendredi, samedis et dimanches.
www.sevresciteceramique.fr

Une belle histoire de Manufactures.

Zuber le Bresil 32cmZuber le Bresil 32cmZuber le Bresil 32cm

 

 

 

 

 

 

 

La Manufacture de porcelaine Haviland s’associe à la Manufacture de papier peint Zuber pour la création d’un service en porcelaine prestigieux au nom exotique «Le Brésil». Haviland est l’un des derniers porcelainiers de France à réaliser intégralement sa porcelaine à Limoges et Zuber reste la seule entreprise au monde à utiliser, pour une partie importante de sa production, la technique du XVIII siècle dite de «l’impression à la planche» (voir la vidéo ci-dessous). C’est donc une alliance française de deux savoir-faire ancestraux perpétués de générations en générations. La finesse des décors et la subtilité des couleurs ont pour modèle l’une des planches classées Monuments Historiques de Zuber. Le dessin choisi pour cette nouvelle collection de Haviland est un décor panoramique édité en 1862. C’est une véritable invitation au voyage qui exalte le caractère tropical d’un pays à la faune et à la flore idéalisées. Sur fond de paysages foisonnants et enchanteurs, les dessins et les couleurs envahissent avec raffinement les différentes pièces en porcelaine «Le Brésil». Les décors panoramiques de Zuber tirent leurs inspirations du goût pour le mouvement Romantique du XIXe Siècle mêlé à la prospérité bourgeoise et à l’esprit impérial de l’époque. L’homme romantique est un explorateur, apte à rechercher les terres inconnues avec la volonté d’explorer, de s’évader dans une poétisation du Monde. Ces scènes décoratives et narratives hautes en couleurs étaient destinées aux salles à manger. Il y a donc une cohérence à retrouver ce document «Le Brésil» sur une collection d’art de la table.  La Manufacture Zuber a vu le jour à Rixheim dans le Haut-Rhin en 1797. Elle y imprime encore aujourd’hui une partie importante de ses papiers peints, tissus et cuirs en utilisant l’impression traditionnelle. L’entreprise a conservé son matériel de production de 150 000 planches de bois sculptées et entreposé dans les caves voutées médiévales de la Manufacture, depuis son origine. Toutes ces planches en pin ou en poirier sont classées Monuments Historiques et sont encore utilisées aujourd’hui. 130 000 documents crées par les dessinateurs de la Manufacture ont été archivés depuis 1797 jusqu’à nos jours.  C’est une fabrication à la main qui s’adresse à un public privilégié, bien souvent américain, sensible au savoir-faire et à la grande tradition française. La transmission, au sein de la Manufacture, est assurée par des imprimeurs consciencieux et confirmés à des novices assidus. Pour exemple, la production de cinquante exemplaires d’un décor panoramique demande le travail de dix imprimeurs pendant six mois à un an… Ceci explique le caractère d’exception et l’importance de la transmission dans ces maisons de tradition. L’exotisme d’Amérique du Sud souffle sur 2014, Haviland et Zuber sont donc bien dans l’air du temps. Il faut absolument regarder la vidéo qui suit ce texte afin de mieux comprendre l’âme de la Manufacture Zuber. Ces images valent mieux que mille explications…
www.zuber.fr
www.haviland.fr

RUBANS chez merci

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Le magasin parisien merci expose et vend jusqu’au vendredi 7 Mars 2014 une collection inédite de catalogues exceptionnels, de nuanciers et de planches d’échantillons de rubans de mode. La rubanerie de Saint-Etienne fut, pendant deux siècles, une industrie au savoir-faire extraordinaire. merci à souhaité présenter ce savoir-faire français unique dans son magasin du boulevard Beaumarchais. Sur des grandes tables de coupe utilisées dans les métiers du textile, les rubans exposés nous font rêver. Matières, couleurs, graphismes, nous sont offerts dans des carnets et catalogues au charme suranné. C’est une balade dans un monde oublié. On regarde ces témoins d’un passé proche et on admire toute la  richesse d’un quotidien mais aussi d’un cérémonial perdu.  A la veille de la Première guerre mondiale, la rubanerie de Saint-Etienne employait 30 000 personnes. Aujourd’hui, il reste une cinquantaine d’entreprises employant 3000 personnes pour tout un marché mondial. Le ruban est donc présent actuellement sous toutes ses coutures chez merci mais il est également visible en permanence au Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne à travers un riche parcours nommé «Rubans».

www.merci-merci.com
www.musee-art-industrie.saint-etienne.fr

Empreinte végétale.

Non Sans Raison Végétal pack huit assiettes dessert porcelaine de Limoges

Untitled-4La nouvelle collection «Végétal» imaginée par Chiara Andreatti pour la société Non Sans Raison installe son empreinte à table. La nature est dans l’assiette, poétique et rafraîchissante. Les fruits et les légumes coupés en deux sont encrés d’un bleu outremer puissant et viennent avec force se poser sur les assiettes. Ce principe d’empreinte utilisé comme un tampon encré est assez similaire à la technique japonaise du Gyotaku. L’empreinte, du poisson frais, à l’encre de chine sur un papier de riz ou une toile de lin souligne d’une manière aussi naturelle le monde alimentaire qui nous entoure. L’artiste Chiara Andreatti se sert également de l’assiette comme un terrain de jeu. Chaque empreinte investit l’espace à sa manière, en quinconce léger, en face à face bavard, en rapport de force capricieux, en confrontation dominante ou en rivalité fantaisiste… Dans ce jeu graphique rien n’est figé.

Non Sans Raison est une nouvelle maison de porcelaine estampillée porcelaine de Limoges – Fabrication française.

www.nonsansraison.com
www.chiaraandreatti

Bijoux-parures au Musée des Arts Décoratifs.

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Deux raisons pour aller au Musée des Arts Décoratifs avant le 2 Mars 2014. La première raison sert de prétexte à revoir une fois de plus les collections permanentes (ou de découvrir les différentes salles réparties sur 5 niveaux si on ne les connait pas encore). La deuxième raison permet de révéler tout au long d’un parcours, balisé en rose phosphorescent, un panorama passionnant du bijou contemporain. On découvre ainsi le travail d’une cinquantaine de créateurs, orfèvres et bijoutiers-plasticiens, artisans-paruriers ainsi que quelques pièces exceptionnelles de joaillerie contemporaine au service de la haute couture. Ce cheminement a pour titre «Dans la ligne de mire». Le commissaire de cette exposition, Frédéric Bodet, conservateur à la cité de la céramique à Sèvres, a mis en scène plus de 700 parures ponctuées de photographies, de vidéos dans le contexte historique des salles permanentes. Il a même réaménagé certains espaces pour renforcer le lien avec le travail de l’artiste. Ces installations sont disséminées avec une grande intelligence tout au long d’un parcours parfois juste déposées comme une évidence, une rencontre subtile ou une impertinence.
La balade peut être ardue, il faut donc lire les quelques textes d’accompagnement sur place. Ce double-jeu de découverte du bijou et de son intégration dans l’histoire des collections permanentes est riche, subtil, déroutant parfois. Je conseillerais donc de consulter le site du musée des Arts décoratifs et de cliquer sur l’espace presse afin de télécharger le dossier-presse bien construit. Vous aurez ainsi une introduction claire et des biographies de différents artistes vous permettant de partir averti dans cette exposition dense et audacieuse.
www.lesartsdecoratifs.fr
Fermé le lundi.
Ouvert de 11h à 18h.
Nocturne le jeudi de 18h à 21h.

 

Floral

Floral

Un tissu en lin et viscose chez Rubelli au joli nom de «Violetta» nous offre un style floral suranné fait de nuances colorées et patinées. Une douceur et une richesse se détachent de cette atmosphère qui date d’une autre époque. Cette nature morte aux fleurs rend un hommage à la richesse et à la beauté de la nature mais elle exprime également la fragilité de ce monde. Ces fleurs retravaillées dans un esprit passéiste s’associent à des matières riches et contemporaines. C’est l’une des forces de Rubelli : le passé et le présent intimement liés. Serge Lesage propose un tapis «Misia rouge», 100% soie végétale, au dessin floral sur-dimensionné. La luminosité et la douceur qui s’en dégagent, évoquent également la splendeur éphémère de la fleur. Elitis, dans un esprit contemporain, repense la guirlande florale sur un revêtement mural en satin imprimé plissé de la Collection Opulence. Le dessin s’appelle «Narcisse».
Une façon naturelle de démarrer l’année.
www.rubelli.com
www.sergelesage.com
www.elitis.fr

Profession : bouchers.

Le Jacquard Français - ALACOUPE_ROUGE_TORCHON

Le Jacquard Français - PIECEDEBOEUF_ROUGE_TORCHON

 

 

 

 

 

 

 

2 torchons 70 x 50cm, 100% coton peigné, «pièce de boeuf», «A la coupe». Le Jacquard Français.

Ils sont amoureux du beau produit bien travaillé dans le respect de la qualité. Deux artisans-bouchers passionnés sont devenus les stars de leur profession et du grand public en déclarant la guerre à la mauvaise viande, en défendant l’élevage français et en attirant des jeunes apprentis dans cette filière qui peinait depuis quelques années à trouver de nouveaux bras. Ils ont expliqué que chaque apprenti gagnerait bien sa vie dans la boucherie artisanale et serait sûr de trouver du travail dans ce métier de convivialité et de partage. Il fallait mettre également l’éleveur à l’honneur. Il fallait savoir passer le message de qualité entre l’éleveur et le consommateur. Il fallait perpétuer une tradition qui s’était peu à peu perdue. Ils l’ont fait et le feront encore. Hugo Desnoyer a deux boutiques à Paris dont l’une propose une table d’hôtes de 8 couverts où la viande du jour peut-être dégustée simplement, juste cuite, grillée avec quelques légumes en accompagnement. Yves-Marie Le Bourdonnec, lui possède quatre boutiques, trois à Paris et une à Asnières, là où il a commencé sa carrière de boucher. Ces deux hommes ont en commun l’amour de leur travail, tout comme un pêcheur, un cuisinier, un boulanger… C’est une croisade de longue haleine qu’ils ont entrepris. Depuis des années, ils se déplacent dans toute la France à la rencontre des éleveurs, en sélectionnant des animaux d’exceptions. Ils communiquent, via la presse, la télévision, les évènements et les livres culinaires, tout ce plaisir et cette fierté d’être boucher. Hugo Desnoyer a été l’auteur de deux livres parus chez First Editions «Morceaux choisis» et «L’atelier d’Hugo Desnoyer». Il parle des bêtes, des éleveurs, de la viande et de ses différents morceaux à mieux connaître pour bien les acheter. Enfin, il propose des recettes très simples pour aimer cette viande parfois délaissée par méconnaissance. Ce boucher dit aimer le contact avec la matière, le plaisir de toucher la viande. Yves-Marie Le Bourdonnec, quant à lui, a écrit «L’effet boeuf» chez Michel Lafon. Ces deux hommes ont bien-sûr la volonté d’exporter leurs compétences à l’étranger. La qualité exceptionnelle des bêtes et la maîtrise de la découpe à la française doivent trouver leur juste place dans ce métier à re-découvrir.
hugodesnoyer.fr
le-bourdonnec.com
www.le-jacquard-francais.com